L’Agilité par l’Assertivité, l’Écoute Active et le Codéveloppement

Fondée sur les principes de l’intelligence collective, le Codéveloppement vous aidera à renforcer votre agilité, faire face aux situations complexes grâce à l’assertivité et gagner en écoute active !

Qu’est-ce que le CoDéveloppement ?

Le « CoDév » est une approche axée sur l’intelligence collective et ayant pour principe l’organisation de groupes de personnes qui croient pouvoir apprendre les unes des autres afin d’améliorer leurs pratiques.

Pourquoi le CoDév s’épanouit dans l’agilité ?

On trouve cette même volonté dans les cérémonies de la méthode agile Scrum et dans les schémas d’organisation d’agile à l’échelle (SAFe, Spotify) qui tentent de synchroniser des équipes pluridisciplinaires (ART, squads, tribus, chapitres) et de mettre en place des communautés de pratiques (CoP).

Dans le même temps, il s’agit d’accompagner le passage du mode client-fournisseur à un mode « main dans la main » gagnant-gagnant dans lequel on cherche davantage à comprendre et anticiper les problématiques de ses partenaires mais également apprendre de lui.

Qu’est-ce que l’assertivité ?

De l’anglais « assertiveness », le mot désigne l’affirmation de soi, c’est à dire la capacité à exprimer ses idées et opinions tout en restant souple (c’est à dire agile) dans la forme. A l’écoute et en adaptation vis-à-vis de ses interlocuteurs, fermement si nécessaire mais sans agressivité.

Pourquoi l’assertivité s’épanouit dans l’agilité ?

Afin de favoriser l’alignement entre le métier et l’informatique, l’agilité implique une collaboration accrue entre les représentants des utilisateurs (Product Owner, Proxy PO, BA, responsables métiers et produits), l’équipe de test et les équipes de développement.

Lors des réunions (ex : les 3 amigos) ou les cérémonies agiles (daily meeting, Backlog Refinement/Sprint Refinement Meeting, revue du backlog d’anomalies, rétrospective), le test manager est amené à faire valoir le point de vue et les difficultés de l’équipe de test (par exemple, des fonctionnalités livrées corrigées trop tardivement, des jeux de test indisponibles…).

Ensemble ils discutent pour interpréter et comprendre les besoins et exigences, définissent et affinent les User Stories, analysent les risques, priorisent et réfléchissent aux tests à concevoir, évaluent l’effort de test. Par la suite, ils discutent des anomalies et échangent sur leurs causes sources.

Une majorité de conflits dans les projets sont la conséquence :

du manque de confiance entre les équipes et les individus,
de la méconnaissance des problématiques et des charges de travail réciproques,
du manque de signes de reconnaissance et de feed-back approprié.

Qu’est-ce que l’écoute active ?

L’écoute active (ou écoute bienveillante) consiste à mettre en mots les émotions et sentiments exprimés de manière tacite ou implicite par l’interlocuteur.

Des atouts pour une amélioration continue

Avec Scrum, Safe et Spotify,  nous allons de plus en plus vers une organisation en petites équipes (Squads, Tribus, Chapitres et Guildes) pluridisciplinaires dans lesquelles les techniques permettant de favoriser l’assertivité et l’écoute active sont plus que jamais des atouts.

Dans ces nouvelles organisations, développer l’assertivité et l’écoute active vise à permettre une relation reposant sur la confiance et l’échange franc et continu entre les équipes et collaborateurs et se substituer aux comportements néfastes tel-que :

l’affrontement par l’ironie ou l’argument ad hominem,
la passivité (se taire, accepter contre son gré, avoir une attitude soumise) ou la fuite, attitudes qui reviennent à remettre les conflits et problèmes à plus tard ;
les manœuvres insincères ou jeux d’influence (bloquant les projets ou escaladant les conflits au niveau supérieur).
Les conséquences de ces attitudes sont à titre personnel l’accumulation de ressentiments, l’angoisse, l’isolement ou la dévalorisation de soi. Pour les projets et les organisations, ce sont inévitablement des situations inextricables et des retards.

Aussi est-il important, en cas de désaccords ou de défauts de compréhension, d’être en mesure de faire valoir son point de vue, protester si nécessaire et d’exprimer avec authenticité ses craintes et difficultés.

Voici des pratiques simples et concrètes :

Pratiquer la méthode de reformulation (des points évoqués en réunion ou même lors d’échanges informels) permet de renforcer la compréhension réciproque.
Donner systématiquement un feed-back, c’est à dire un retour à posteriori, permet en outre à l’émetteur de savoir si le récepteur a bien compris un message et de l’adapter au besoin.
Ne pas prendre les critiques personnellement.
Chercher les compromis en cas de désaccord.
La confiance réciproque est essentielle. Elle n’est jamais définitivement acquise.

Un retour d’expérience en guise de conclusion

Lors d’une expérience dans une banque digitale, l’un de nos consultants a eu l’occasion d’assister à de vifs échanges entre un fournisseur et une business analyste. Le sujet tournait autour d’une fonctionnalité livrée en test dont le fonctionnement n’était pas celui attendu. Et pour cause, lors des réunions préparatoires, la représentante du métier avait présenté la fonctionnalité sans donner la justification métier et sans détailler suffisamment la spécification fonctionnelle. Pendant la réunion, le fournisseur n’avait pas osé évoquer ce qui lui semblait incohérent ou impossible dans cette spécification. Rien n’avait donc été rejeté ni objecté pendant la réunion et ultérieurement. Sans avoir saisi sa finalité, il a conçu et livré la fonctionnalité qui lui semblait répondre au besoin. Plusieurs correctifs ont été réalisés sans que la solution ne convienne. La responsable se limitant, dans les tickets d’anomalie, à rejeter la fonctionnalité testée qui ne répondait pas au besoin. La livraison du produit a progressivement pris du retard, le ton a commencé a monter au fur et à mesure que l’échéance approchait. Ce n’est qu’en organisant en urgence un atelier de travail que les échanges ont permis de se mettre d’accord sur une alternative technique.

Dans cet exemple, une approche de CoDéveloppement et davantage d’assertivité de la part du fournisseur auraient pu permettre d’anticiper les malfonctions.

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